« les formes d’échanges et de coopérations entre les acteurs de l’ESS et les autres acteurs du territoire » synthèse du séminaire ed 2017

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Si la coopération se dessine d'abord à l'interne de l'organisation, dans les processus de gouvernance, c'est davantage entre les structures, sur le territoire, que la coopération soulève le plus d’interrogations. Le séminaire prospectif 2017, organisé par Sciences Po Grenoble et Grenoble-Alpes Métropole, s'est intéressé à cette thématique « les formes d’échanges et de coopérations entre les acteurs de l’ESS et les autres acteurs du territoire » à partir de quatre ateliers d’échanges de pratiques et de réflexion prospective.
Atelier N°1 - Des coopérations informelles à l’émergence de nouveaux projets
Le parcours de la coopération démarre souvent par des formes de coopération informelle. Celle-ci se situe dans un champ expérimental où l’identification et la réponse à des besoins et des intérêts est le départ de l’action. Cela permet aux organisations de l’ESS de s’ouvrir avec d’autres, et de faire connaître leur projet politique et social.
Les acteurs doivent avoir une posture d'ouverture en particulier pour aller vers des organisations différentes au regard des statuts, des valeurs et de la culture professionnelle. Il s’agit d’établir des règles communes et de travailler sur le long terme, car la coopération se construit progressivement.     
C’est l’expérimentation qui vient donner son sens à la dynamique de coopération. La mise en œuvre permet véritablement de construire un projet en commun et de se mettre en accord les uns et les autres sur ce que l’on souhaite ensemble. La réussite et le fonctionnement d’une coopération nécessite la mise en place d’un espace ouvert qui favorise la co-construction, les échanges et l’implication de toutes les parties prenantes.
Il s’agit aussi de s’interroger sur les limites à la construction d’une coopération. Ces limites sont fortement déterminées par les valeurs et les convictions des acteurs. Celles-ci doivent être partagées par les parties prenantes au risque sinon de voir apparaître des tensions et confrontations.
 
Atelier N°2 - Convergence d’intérêts et construction des coopérations : Le choc des cultures
L’action collective est au cœur de l'Économie Sociale et Solidaire, et cette action collective enclenche la coopération, mais aussi l’interdépendance et la complémentarité entre les acteurs.
La construction de coopération se réalise dans un contexte de mutation, liée à un environnement institutionnel en mouvement, des politiques publiques plus difficiles à appréhender, et un environnement économique bouleversé par le numérique, les nouvelles formes économiques (circulaire, collaborative), et l’émergence de nouveaux acteurs.  
La notion de coopération entre ainsi dans le champ de l’ESS, en parallèle à de nombreux changements tant dans l’environnement des acteurs, que de leur organisation et du déploiement de leurs activités.
La coopération entre les structures de l’ESS et les acteurs économiques du privé lucratif peut s’établir sur la notion de complémentarité entre ces deux acteurs, mais aussi donner lieu à un choc culturel entre ces acteurs historiquement différents : les valeurs de l’ESS sont initialement éloignées des valeurs purement économiques portées par les entreprises du privé lucratif. D’autre part, chaque partie prenante doit apprendre à mieux cerner le fonctionnement et l’histoire de l’autre. Il s’agit enfin, pour la structure de l’ESS, de rester fidèle à sa mission sociale pour ne pas risquer d’en dévier par opportunité financière.
 
Atelier N°3 - Structurer les coopérations : l’enjeu de la pérennisation
 
La pérennisation d’une coopération demande d’expliciter des valeurs communes entre les organisations : celles-ci vont permettre de sceller les fondements de cette collaboration, et contribuer à la reconnaissance des parties prenantes.
La pérennisation d’une coopération va aussi reposer sur plusieurs facteurs. Tout d’abord, l’ancrage territorial car la coopération répond aux soucis des professionnels de répondre aux besoins, locaux, ancrés sur un territoire, auxquels ils ne pourraient pas répondre seuls. Il s’agit aussi de déterminer des espaces et des temps de convivialité qui regroupent des structures avec des identités et des projets différents tout en créant des connexions entre elles. Enfin, la gestion et le partage des risques doivent être intégrés par chacun des coopérants, pour multiplier les chances de réussite mais aussi relativiser les échecs.
D’autre facteurs peuvent freiner la pérennité des coopérations. D’une part, la coopération s’inscrit sur le long terme, nécessitant un investissement régulier et s’expose à l’essoufflement des uns et des autres. De même, la diversité des acteurs et de leurs réalités administratives fait que la gestion du temps peut différer selon les coopérants. Ceux-ci doivent partager le sens qu’ils donnent à leur action. La coopération tient beaucoup aux personnes qui l’incarnent, et les valeurs portées par le réseau doivent également être assez fortes pour survivre au départ d’un leader même charismatique.
 
Atelier N°4 - Valoriser, évaluer et mesurer les impacts
 
Si les intérêts de la valorisation sont compris et intégrés, la mesure des impacts reste complexe. L’atelier a permis de présenter les principaux résultats du programme PHARE, porté par Le Rameau, et permet de mettre en avant l’importance des alliances et pratiques partenariales, ainsi que les enjeux de la valorisation des coopérations.
L’un des enjeux fondamentaux de l’évaluation est de valoriser les processus de coopération et leurs impacts sur les territoires. La confiance collective est au cœur de la coopération mais reste difficilement mesurable. L’évaluation va aussi permettre de mesurer la performance des acteurs, que ce soit les entreprises à partir de la RSE, les structures d’intérêt général dans leur capacité à inventer des modèles hybrides de partenariats, et les acteurs publics dans la construction des politiques publiques.
L’évaluation des coopérations et des partenariats est encore récente. Elle porte aujourd’hui surtout sur des aspects quantitatifs du fait notamment des rapports avec l’acteur public, alors que les critères et indicateurs qualitatifs sont plus rares et moins développés. La question de l’évaluation qualitative ne fait pas consensus parmi les acteurs de la coopération. Dans ce sens, il est souhaitable d’adopter une démarche systémique (mêlant terrain, recherche, politiques publiques) pour construire les critères et les indicateurs manquants.
 
Toutes les ressources du séminaire (ressources bibliographiques, synthèse) sont disponibles en ligne à l’adresse suivante :
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ESEAC - Sciences Po Grenoble

Constituée en 1985 pour développer les études et les recherches sur les dynamiques de l’Économie Sociale et servir d’appui à l’enseignement dans ce domaine, l’Équipe de Socio-Economie Associative et Coopérative (ESEAC) est une des équipes de recherche de l’Institut d’études...

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