ESS et développement territorial des pays du Sud, cas du Bénin

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Cet article traite du développement territorial dans des pays du Sud et plus précisement avec le cas du Bénin

Edito de l’auteur

 

            La notion de développement territorial fait référence à un « Processus durable de construction et de gestion d’un territoire, à travers lequel la population de celui-ci définit, au moyen d’un pacte sociopolitique et de la mise en place d’un cadre institutionnel approprié au contexte, son rapport à la nature et son mode de vie, consolide les liens sociaux, améliore son bien-être et construit une identité culturelle qui a sa base matérielle dans la construction de ce territoire. » (Peemans (J.-Ph.), 2008, p. 31es. Il va donc sans dire que nous ne pourrons parler de développement territorial sans une implication des politiques. Depuis le 28 Avril 2017, le Bénin a procédé au lancement officiel du processus d’élaboration du plan national de développement (PND). Un projet qui, pour moi est très important en ce sens qu’il mettra le Bénin à une position encore meilleure en matière de développement. Nous nous inscrivons dans cette dynamique de Bénin ALAFIA 2025 en mettant un point d’honneur sur l’aspect territorial du développement. Le programme TALENTS que nous proposons est un projet qui a pour but premier d’éviter la « fuite » des compétences béninoises et d’un autre côté, favoriser l’insertion professionnelle et l’autonomie des jeunes dans le secteur de l’artisanat. Le Bénin à un fort potentiel et c’est ce que nous ambitionnons de promouvoir à travers le GIE-ESS.

Ronnel FALANA : Spécialiste en Développement territorial et pilotage de projets Diplômé de l’université de Grenoble Président du GIE-ESS

 

CONTEXTE

Le GIE-ESS est une structure associative de la loi 1901 existant en France et intervenant tant sur le plan national (en France) et sur le plan international (essentiellement au Bénin). Notre cœur d’activité est la promotion de l’Economie Sociale et Solidaire. Cette promotion se fait sur le territoire français par l’organisation de conférences et séminaires sur l’entrepreneuriat et sur l’Economie Sociale et Solidaire. A l’international, nous interviendrons sur le développement territorial. Le but étant de s’implanter dans les pays Francophones d’Afrique de l’ouest.

Nous mettons en Place le Programme TALENTS Dot Com pour faire ressortir les talents que disposent les jeunes travailleurs béninois.

Une étude réalisée par la Banque mondiale montre qu’environ 89 millions de jeunes âgés de 12 à 24 ans sont hors du système scolaire en Afrique subsaharienne. Malgré le projet développé il y a quelques années au Bénin sur « la scolarisation comme deuxième chance » pour les jeunes non-scolarisé, nous constatons toujours un nombre important de jeunes non scolarisés et ceci pour plusieurs raisons ; les plus importantes étant un refus des parents ou un problème économique. Une étude du ministère des Enseignements maternel et primaire montre que 700.000 adolescents y sont non scolarisés ou déscolarisés. Nous constatons que ces jeunes se tournent le plus souvent vers les métiers artisanaux tels la couture , la menuiserie, la mécanique etc.

Dans le cadre du projet « Work4Youth » l’Institut National de la Statistique et de l’Analyse Economique (INSAE) a effectué des enquêtes sur la transition vers la vie active (ETVA). L’objectif de cette note est de présenter un résumé sur les tendances générales du marché du travail des jeunes au Bénin. La population considérée étant entre 15 et 29 ans.

 Les résultats issus de cette enquête sont :

        - Au Bénin, 28,8% des jeunes sont encore privés de scolarisation. En général les jeunes ne sont pas scolarisés pour deux raisons principales :

  1. Le refus des parents (36,8%)
  2. Et des raisons économiques (33,6 pour cent).

        - Les résultats de l’enquête ETV montrent une corrélation importante entre le niveau d’éducation achevée par les jeunes et leur transition vers la vie active. Le plus élevé le niveau éducatif, le plus de probabilités pour les jeunes de compléter leur transition vers un emploi stable ou satisfaisant.

        - Parmi les jeunes ayant un emploi, le nombre d’entre eux qui n’ont pas une qualification adéquate aux postes occupés montre la faiblesse de leur niveau d’étude. La majorité (83,8%) des jeunes ayant un emploi sont sous qualifiés pour le travail qu’ils effectuent

       - L’éducation tertiaire ne garantit pas une transition rapide. Le taux de chômage est particulièrement élevé (39,3%) chez les jeunes qui ont complété l’éducation tertiaire.

Alors cet état des choses nous amène à porter une réflexion sur une autre alternative pour permettre aux jeunes d’avoir accès à une certaine autonomie financière à travers l’emploi. Pour tenter d’apporter une solution à cette inquiétude, nous nous sommes penchés sur deux faits :

  •  Pourquoi les jeunes déscolarisés quittent-ils les zones rurales pour la capitale dans le but de trouver de l’emploi ?
  •  Et de quels moyens disposent-ils pour d’abord se former à une activité professionnelle et d’un autre côté, comment gèrent-ils une affaire ?

Au Bénin nous avons le phénomène de l’exode rurale qui est le déplacement Massif des jeunes de la campagne vers les villes dans le but essentiel de trouver de l’emploi. Mais les réalités des villes sont celles qu’elles sont ; il n’est pas facile de s’insérer sur le marché de l’emploi que ce soit par un projet d’entreprise ou une éventuelle embauche.

En ce qui concerne les moyens, les jeunes disposent de très peu de moyens, matériels ou financiers. A tous ceci s’ajoute la méconnaissance des méthodes entrepreneuriales et de gestion.

Au Bénin, plusieurs structures telles l’ONG CRADeL (Centre de Recherche et d’Appui au Développement Local), l’Association FSD-Bénin (Femmes solidaires pour le Développement) œuvrent pour la formation professionnalisante dans les métiers artisanaux.

S’il est donc possible de mettre ne place des formations professionnalisantes, alors il le serait d’autant plus pour la mise en place d’un système d’insertion professionnelle.

Un outil mis en place par le GIE-ESS pour rendre complet le processus de développement territorial sera le développement des clusters (Grappes) dans les métiers artisanaux.

En effet, le processus de développement territorial revient à développer les compétences propres sur un territoire. Vers la mi-année 2016, le Bénin avait une population de 10,9 millions d’habitants avec une croissance démographique annuelle qui était de 2,8%. Le taux chômage est de plus en plus croissant au Bénin et il concerne majoritairement les jeunes qui constituent plus de 60% de la population béninoise. Selon les estimations de l’avocat Me Jacques MIGAN, « sur le marché de l’emploi, nous avons plus de 2 750 000 jeunes qui sont sans emploi ». Il va donc s’en dire que la main d’œuvre existe et de ce fait un fort potentiel professionnel sur les territoires du Bénin.

Cet outil de développement territorial via des grappes se fera donc sous l’égide d’un programme pilote, le Programme TALENT Dot COM avec l’appui du projet COBEFRA (Coopération Bénin-France en économie Sociale et Solidaire.)

 

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A propos de l'auteur

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